♥ Mon Paris ♥


 

Mes chatons,

 
Je crois que mes quelques jours de silence s’achèvent aujourd’hui, car aujourd’hui je me suis rendue compte que je voulais continuer à faire ce que j’aimais : vous écrire. Désolée par avance pour cet article trop long, pour ces phrases aux mille et une virgules, pour ces pensées couchées tant bien que mal pour vous livrer ce que j’ai sur le coeur.
 
Je n’ai perdu “personne” dans ces attaques et pourtant, j’ai l’impression d’avoir perdu des amis, des proches. Tous ces gens, toutes ces belles personnes dont les portraits ont inondé Twitter durant 2 jours environ. Ces personnes que leurs familles recherchaient, ces personnes qui étaient juste partis vivre, boire un verre, voir des amis, regarder un match ou profiter d’un concert. Ces personnes à qui l’on a arraché la vie pour quoi ?! Tout ça m’échappe tellement, j’ai l’impression que c’est irréel, qu’on ne peut pas décemment faire du mal à des gens, encore moins de manière complètement aléatoire. Je suis choquée et je crois que je le resterais. J’ai une peine infinie pour les familles, pour ceux qui ont perdus la vie et leurs proches endeuillés. Je ne peux pas ressentir leur peine, bien entendu, mais j’espère que le soutien que leur apporte des milliers d’inconnus comme moi pourra atténuer un peu leurs maux avec le temps…
 
Quand des évènements dramatiques arrivent, je crois qu’on a tous une manière différente de réagir. Une manière que personne ne pourra juger car nous ne sommes jamais prêt à souffrir. Quoi qu’il arrive, quoi qu’on nous dise : personne n’est réellement prêt à affronter des horreurs. J’ai beaucoup entendu (surtout lu) de phrases qui disaient que c’était prévisible, que la France était menacée depuis longtemps, encore plus depuis Charlie … Mais finalement : savoir que c’est possible ne nous protège en rien, ne nous préserve en rien de la douleur de l’instant “T”. On n’est pas prêt et je préfère ne pas l’être. J’ai peur d’un jour me dire “ça peut arriver tous les jours”. Une part d’inconscience peut être, d’insouciance j’espère. Une part de moi qui me dit que tant que nous serons vraiment libres, tant que nous serons un pays relativement paisible : on sera TOUJOURS surpris, indignés et blessés que de tels évènements se produisent. Car la surprise vient du fait que nous ne sommes pas COMME EUX. Nous sommes libres, respectueux et VIVANTS. Nous sommes un symbole de liberté qu’ils tentent d’affaiblir. Bien sur au fond de nous on SAIT que ça peut arriver mais quelque part je pense qu’on a la force de vivre en mettant cette “information” dans un coin de notre tête, en continuant à vivre le plus librement possible.
 
Hier, j’ai remis les pieds à Paris pour la première fois depuis le 13 novembre. Et vous savez quoi ? J’ai eu peur. Oui, “il ne faut pas avoir peur” car “c’est ce qu’ils veulent”. Mais moi, j’ai eu peur. Je ne sais même pas de quoi exactement, j’avais juste peur de sortir de mon chez moi, cet endroit où je me sens “protégée”. J’ai surtout eu beaucoup d’appréhension, je me suis projeté quelque chose qui était bien plus effrayant que la réalité de ma journée d’hier. Bien sur, les gens sont “fermés”, les regards un peu vides, parfois inquiets. Le moindre signe de violence laisse place à une peur immédiate. Mais dans ce Paris endeuillé, meurtrit, j’ai vu de jolies choses. J’ai vu des inconnus se sourire timidement pour essayer de “casser” l’atmosphère pesante dans le métro, des personnes se serrer dans les bras ou marcher bras dessus bras dessous, surement ravies de se retrouver indemne. Des passants aidant les autres, des serveurs plus attentionnés dans les bars, des agents de surveillances bienveillants quand ils fouillent les gens à l’entrée des magasins. Dans ce Paris là, j’y ai vu des gens qui faisaient tous des efforts pour que ça “aille mieux”, pour vivre au mieux ensemble malgré ces temps difficiles.
 
Car OUI, des fous, des “personnes” fanatiques qui tuent au nom d’une religion qu’ils ne comprennent même pas (pour moi ils ne le sont même pas, ce ne sont même pas des êtres humains à mes yeux) il y en aura toujours. Car OUI, ils vivent dans un monde parallèle, un monde où ils se sentent abreuvés par ces vengeances à des attaques inexistantes. Ils se sentent attaqués par notre mode de vie, notre si belle LIBERTE. Mais je continue et je veux encore penser que nous continuerons de vivre avec l’insouciance qui nous caractérise. Nous continuerons d’être un pays “black-blanc-beur” comme on dit (et asiat’ aussi!). Parce que pour moi Paris ce sont des amis, de la vie, du travail, de la folie, de la liberté surtout !
 

Profitez, soyez courageux et libres comme l’air : c’est notre plus grande chance.

 

“Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage.” – Périclès
 
 

Je vous laisse sur un texte écrit par Grand Corps Malade sur son Facebook. Je le trouve poignant et plein de vérité …
 

“Après 3 jours d’une tristesse infinie et d’une gueule de bois sans précédent, ce matin je suis optimiste.
Comme beaucoup, j’ai lu la presse, regardé la télé, parcouru les réseaux sociaux pour comprendre ce qu’on était en train de vivre, pour mettre des mots sur l’indicible, pour regarder mon pays.
Alors bien sûr, j’ai vu de la peur, un peu de haine, du désir de vengeance, j’ai même vu quelques gros cons aussi vulgaires qu’indécents.
Mais j’ai surtout vu de l’espoir. J’ai surtout vu du courage et de la dignité.
Comme ce veuf qui déclare aux terroristes dans un texte incroyable qu’ils n’auront pas sa haine ni celle de son fils de 17 mois.
Comme cette vieille dame qui affirme que nous fraterniserons avec 5 millions de musulmans et que nous nous battrons contre les 10 mille barbares.
Comme ce journaliste qui déclare que personne ne pourra nous prendre ce qui nous constitue.
Comme cet enfant qui répète que les fleurs et les bougies, c’est pour nous protéger.
J’en ai vus et lus des dizaines comme ça, merci.
On dit d’un animal blessé qu’il peut être dangereux. Je découvre aujourd’hui qu’un pays blessé peut être intelligent.
Ce matin je suis optimiste et j’aime mon pays comme rarement.
Oui, la France est belle car elle ne cédera pas à la panique. Elle est belle car elle continuera de faire briller toutes ses couleurs, ses différences et ses incohérences. Elle est belle car elle aime danser et faire du bruit, chanter et vivre la nuit. Elle est belle parce qu’elle aime lever son verre en se regardant dans les yeux. Elle est belle parce qu’elle a une grande gueule. Elle est belle parce qu’elle est rebelle et insolente. La France est belle parce qu’elle est libre et ça, personne ne pourra lui enlever.”

5 commentaires

  1. Quel joli texte. Je me retrouve dans chacun de tes mots et je suis complètement d’accord, notre choc devant de tel actes prouve notre humanité et prouve à quel point nous sommes différents d’eux.
    Alors oui, ils ont réussi à nous faire peur mais pour combien de temps ? La vie va reprendre son cours et chacune de leur malheureuse attaque réveille encore plus d’humanité et de solidarité en nous !

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